Familles, proches : des parcours encore semés d’obstacles
1. La coordination des acteurs, un défi permanent
Trop de familles témoignent encore d’un sentiment de solitude administrative : chaque interlocuteur (accompagnant, structure, MDPH, caisse de retraite) ne connaît qu’une « partie du film ». La création récente des Services autonomie à domicile (SAD), fusionnant différents métiers, vise à simplifier la donne — mais l’offre reste hétérogène sur le terrain (source : Ministère des Solidarités ; 2024).
2. L’égalité territoriale : une attente forte et peu satisfaite
- Pénurie de professionnels dans les zones rurales ou périurbaines ;
- Restes à charge amplifiés dans certains territoires, éloignement des plateaux techniques ;
- Délais très longs pour les admissions en EHPAD public.
L’amélioration de la couverture du territoire, de la mobilité des intervenants, la création de postes tremplins pour attirer les jeunes vers la filière, sont des leviers structurants évoqués par le rapport Broussy.
3. L’évolution des modèles familiaux
Les familles « noyau » d’hier ont laissé place à des configurations plus éclatées : recompositions, mobilité géographique, isolement de la personne âgée, nombre croissant de personnes sans enfant ou sans soutien familial proche. D’après France Stratégie (2023), 20 % des personnes de plus de 85 ans n’ont aucun enfant vivant – soit plus d’un million de personnes à horizon 2040.
Les collectivités s’emparent de cet enjeu : vigilance accrue autour du repérage de l’isolement, campagnes de sensibilisation (« Allô, comment ça va ? »), développement du bénévolat de voisinage comme « nouvelle famille de proximité ».