Restauration senior et hospitalière : répondre aux besoins nutritionnels avec justesse
La restauration destinée aux personnes âgées et aux patients hospitalisés ne se résume pas à la production de repas sûrs et équilibrés. Elle doit aussi...
Solulo Connecte les Acteurs
Les conférences institutionnelles rythment l’agenda des politiques publiques sur l’autonomie. La Conférence nationale de l’autonomie (CNA), par exemple, installée pour la première fois en 2021, vise à assurer une meilleure coordination et articulation de l’action publique en faveur des personnes âgées et des personnes en situation de handicap (Ministère des Solidarités et de la Santé). D’autres instances, comme le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), portent la voix du secteur, tout en orientant l’action des pouvoirs publics.
Ces rencontres, très attendues depuis la crise sanitaire et l’accélération du vieillissement démographique, rendent particulièrement visible le rôle de l’État : pas moins de trois ministères participent quasi systématiquement à la gouvernance et aux arbitrages, autour desquels s’articule tout le pilotage.
Régulièrement, l’implication de certains ministères lors des conférences institutionnelles sur l’autonomie se révèle déterminante. Voyons qui sont ces acteurs-clés.
Les ministères de l’Éducation nationale (pour la scolarisation inclusive) ou de la Justice (protection juridique des majeurs, tutelles) sont aussi parfois sollicités, mais de façon plus ponctuelle selon les sujets abordés.
Depuis la loi de l’adaptation de la société au vieillissement (2015) et la loi sur l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées (2005), ce ministère s’est systématiquement imposé comme le principal organisateur et moteur des conférences institutionnelles. Il porte la parole gouvernementale, structure l’ordre du jour et officialise les priorités nationales.
Par exemple, lors de la Conférence nationale de l’autonomie de 2023, c’est la ministre déléguée aux personnes âgées et aux personnes handicapées, dépendant du Ministère des Solidarités, qui a ouvert et clôturé les échanges, fixant le cap sur des enjeux comme la revalorisation des métiers, la création de nouvelles places en établissements et la transformation de l’offre à domicile (Gouvernement.fr).
L’articulation entre soins et accompagnement social justifie pleinement la forte implication de ce ministère lors de chaque grande consultation. Il prend particulièrement la parole sur les sujets de coordination des parcours de soins, de prévention de la perte d’autonomie ou d’innovation numérique (télémédecine, domotique, etc.).
Un marqueur fort a été, récemment, l’annonce du plan « bien vieillir » en septembre 2023, au cours duquel ce ministère a piloté le groupe de travail sur la prévention santé, centré sur la lutte contre l’isolement, la dénutrition, la promotion de l’activité physique chez les plus de 70 ans (Ministère des Solidarités et de la Santé).
Il coordonne aussi l’action des ARS (Agences Régionales de Santé), interfaces majeures entre politiques nationales et réalités locales, notamment pour la gestion des autorisations d’établissements et la régulation des budgets.
Ce ministère, souvent en tandem avec le ministère des Solidarités, est incontournable dans la gestion de la crise des recrutements et la reconnaissance des métiers de l’autonomie. Durant la conférence sur les « Assises des métiers du grand âge et de l’autonomie » en 2021, il avait piloté un important volet sur la revalorisation salariale via la création de « filières métiers » et de plans de formation massifs.
La transversalité du champ de l’autonomie oblige à un travail interministeriel approfondi. Bien souvent, lors des conférences institutionnelles, chaque ministère mandate ses conseillers, ses chargés de mission, voire des directeurs d’administration centrale.
Le ministère des Solidarités reste chef d’orchestre, mais les arbitrages se font en interministériel, notamment au niveau du Comité interministériel du handicap (CIH) et de la Comité interministériel pour l’autonomie (CIA), prémices organisationnelles permettant d’aligner les feuilles de route.
Par exemple, lors de la préparation du projet de loi « bien vieillir » (annoncé début 2023, puis reporté), la coprésidence des groupes de travail réunissait systématiquement représentants des Solidarités, de la Santé, du Travail et, pour certains thèmes, des Finances publiques (calcul des restes à charge, fiscalité).
| Ministère | Thématiques principales sur l’autonomie | Exemples d’actions lors des conférences |
|---|---|---|
| Solidarités et Familles | Politiques d’accompagnement, droits des personnes âgées et handicapées, financement CNSA | Animation de la CNA; lancement de consultations nationales; arbitrages sur l’APA, la PCH |
| Santé et Prévention | Prévention, parcours de soins, lutte contre la perte d’autonomie, innovation médico-sociale | Pilotage des plans « bien vieillir »; coordination ARS; développement de la télésanté |
| Travail, Plein emploi, Insertion | Gestion RH des structures, formation, attractivité, revalorisations salariales | Plan métiers du grand âge; négociations salariales; structuration des carrières |
Les conférences ne seraient rien sans la présence d’opérateurs stratégiques partenaires :
Certaines conférences élargissent encore la table à la Direction de la Sécurité sociale, la DGEFP (emploi et formation), ou l’ANAP (accompagnement de la transformation des organisations).
Il est intéressant de noter que l’implication des ministères varie au fil du calendrier politique :
La coordination ministérielle sur les conférences de l’autonomie ne cesse d’évoluer, à l’heure où la « société de la longévité » s’affirme. En 2050, selon l’INSEE, les plus de 75 ans représenteront près de 13 millions de personnes en France – un défi colossal pour l’État. Face à cela, la synergie entre les trois ministères phares, élargie selon les sujets à l’Éducation nationale ou à la Transition écologique (adaptation des logements, mobilités), apparaît comme une clé incontournable.
La gouvernance de l’autonomie s’invente chaque année un peu plus à travers ces conférences, qui représentent autant d’occasions de décloisonner l’action publique. Et, pour les acteurs du secteur comme pour les citoyens, mieux comprendre la dynamique et la répartition des rôles ministérielle, c’est déjà mieux s’impliquer pour demain.