S’y retrouver dans la jungle des financements publics pour les associations de services à domicile

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Des subventions historiques… parfois menacées

L’État a longtemps joué un rôle de premier plan pour soutenir les associations œuvrant dans le domaine de l’aide et de l’accompagnement à domicile, d’abord au nom de la politique sociale, puis dans une logique de "choc de l’offre" pour anticiper la vague du vieillissement. Historiquement, ces soutiens prenaient la forme de subventions socle, attribuées sur critères sociaux, via les Directions Départementales de la Cohésion Sociale (DDCS/DDETSPP), souvent en lien avec les conseils départementaux ou municipaux.

Mais ces financements historiques sont souvent remis en cause par la montée en puissance de la tarification à l’acte et l’appel d’offres, qui complexifient l’accès aux fonds, et par la volonté de "rentabilisation" accrue des soutiens publics.

La nouvelle logique de financements : appels à projets, tarification et contractualisation

Depuis une dizaine d’années, la logique de financement direct s’efface partiellement au profit d’un paysage plus concurrentiel : les dotations sont souvent attribuées suite à des appels à projets (AAP), des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM), ou sur la base de la prestation.

De nouveaux dispositifs nationaux pour soutenir l’innovation et lutter contre l’isolement

Le gouvernement et ses opérateurs publics cherchent à stimuler l’innovation et le décloisonnement, en réponse à la "révolution du bien-vieillir" tant affichée dans les discours. Plusieurs dispositifs récents méritent l’attention, car ils constituent des relais de croissance essentiels pour de nombreuses associations.

Zoom : les associations et le financement de la formation et de la professionnalisation

Un axe crucial du soutien public concerne la professionnalisation des équipes intervenantes, pour garantir qualité, attractivité du métier et sécurité des bénéficiaires. Plusieurs dispositifs de financement sont mobilisables :

Les autres sources de financement public complémentaires

Outre les dispositifs nationaux et territoriaux, d’autres canaux sont mobilisés selon les projets, les publics ou la nature de l’accompagnement :

Entre complexité et empilement : témoignages d’acteurs du secteur

Solulo est allé recueillir les mots de responsables associatifs, qui décrivent un paysage parfois labyrinthique :

« Nous passons plus de temps à faire des dossiers qu’à imaginer de nouveaux projets, il n’y a pas une seule porte d’entrée, chaque financeur a ses exigences… », confie la directrice d’une association rurale en Normandie.

Un autre témoignage, à Paris : « Il faut être à la fois gestionnaire, juriste et porteur de sens. Mais sans les aides publiques, ce sont nos salarié(e)s, souvent des femmes peu qualifiées, qui en pâtissent le plus : en 2023, on a dû renoncer à deux CDI faute de stabilité sur nos financements. »

Au-delà des chiffres, c’est donc le besoin de lisibilité et de simplification qui ressort. La prochaine réforme de la loi Grand Âge et Autonomie est attentivement observée, car elle pourrait enfin aboutir à un "guichet unique" des financements pour les associations du domicile, comme le réclament les fédérations du secteur (ADMR, UNA, FNAAFP-CSF).

Repères clés & ressources pour les associations

Des perspectives : vers une reconnaissance accrue et une stabilisation des ressources ?

À l’heure où le nombre de personnes de plus de 85 ans va doubler d’ici 2040 (Insee, projections démographiques), la question du financement du domicile devient centrale à la fois pour garantir l’égalité d’accès au service et la qualité des emplois proposés. Une évolution majeure pourrait venir du projet de loi "Bien vieillir", qui ambitionne de sanctuariser une partie des dotations et de revoir la répartition entre financement étatique, départemental et mutualisé.

En parallèle, la digitalisation de l’accès aux subventions, la généralisation des CPOM et le développement d’appels à projets mieux fléchés pourraient aider les associations à gagner en prévisibilité et en temps. Mais la structuration reste perfectible, comme en témoignent les enquêtes du Haut Conseil du Travail Social.

Retrouver une plus grande simplicité d’accès aux financements publics et renforcer la concertation entre financeurs et associations sont devenus des priorités du secteur. Cette clarification permettra-t-elle de soutenir l’innovation, de garantir la qualité et d’offrir un service à la hauteur des enjeux démographiques ? Suivez les prochains rendez-vous et retours de terrain sur Solulo, où chaque initiative, chaque pas vers plus de lisibilité, sera relayé et analysé.

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